Une étude suédoise récente signale à quel point le chemin vers l'égalité reste tortueux. Une chercheuse a pendant plusieurs mois filmés les activités, observé l'acceuil des enfants, assisté aux repas à la cantine. Elle a livré des conclusions qui ont consternés des éducateurs et enseignants convaincus d'adopter la même attitude avec les filles et les garçons.
Les adultes laissent ainsi beaucoup plus de place aux garçons pour utiliser le temps de parole, acceptent sans difficulté que les garçons interrompent les filles alors qu'ils demandent à celles-ci d'attendre patiemment leur tour. Ils usent de phrases courtes et directives pour les garçons, de discours longs et détaillés pour les filles.
Des vidéos montrent des petites filles de 3 ou 4 ans servant docilement la soupe à des petits garçons agités et impatients, une répartition des rôles implicitement encouragée par les éducateurs présents. Ces mêmes éducateurs qui demandent aux filles et non aux garçons d'aider au service.
Bref, tous se sont rendu compte qu'ils attendaient des filles d'être calmes, polies et serviables, acceptant sans problèmes que les garçons fassent du bruit et réclament haut et fort ce qu'ils désirent. Qu'ils encourageaient les garçons à prendre des risques, à sauter, à s'amuser et demandaient sans cesse aux filles de faire attention, les retenant et les aidant davantage, comme si elles allaient en permanence se casser la figure..
La conséquence la plus paradoxale de la "prise de conscience" consécutive à cette étude en Suède aura été de faire quelques accrocs au sacro-saint principe de la mixité. Une école pilote en matière d'égalité des sexes de la banlieue de Stockholm a décidé d'instaurer des temps de "non-mixité" deux fois par semaine.
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